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Marcel Boyer

2015 - L'Université de Montréal s'illustre aux Prix du Québec

Marcel Boyer.
Marcel Boyer.

Les professeurs émérites Marcel Boyer et Michel Chrétien ainsi que le professeur retraité Pierre Demers ont obtenu un Prix du Québec, la distinction la plus prestigieuse accordée par le gouvernement du Québec pour souligner une carrière et une contribution exceptionnelles dans une discipline.

L'économiste Marcel Boyer obtient le prix Léon-Gérin

Ce dont rêvait ce fils de commissaire d'école de Saint-Jérôme, c'était de devenir missionnaire, puis professeur de lettres ou de philosophie. Mais un cours d'économie du développement au séminaire de Sainte-Thérèse l'enthousiasme tant qu'il s'inscrit en 1964 au programme de sciences économiques de l'Université de Montréal, où il obtient quatre ans plus tard un diplôme de maîtrise.

«L'économique est l'étude des mécanismes de coordination, de motivation, de spécialisation, de réglementation, de gestion et d'échange qui conditionnent et concrétisent le développement de l'intelligence collective au sein de l'espèce humaine. Ce développement repose sur l'amélioration des mécanismes, elle-même tributaire d'une meilleure compréhension des comportements humains», explique Marcel Boyer. L'auteur du Manifeste pour une social-démocratie concurrentielle recevra le 18 novembre le prix Léon-Gérin. Ce prix, du nom du premier sociologue québécois, est la plus haute distinction attribuée par le gouvernement du Québec en sciences humaines et sociales. Depuis 30 ans, deux autres économistes et professeurs de l'UdeM, Marcel Dagenais et Jean-Marie Dufour, ont reçu cette récompense.

«Je suis très honoré d'être le lauréat 2015 du prix Léon-Gérin étant donné le nombre élevé de chercheurs de haut niveau au Québec en sciences humaines et sociales qui auraient aussi mérité d'être choisis cette année. Un grand merci à tous les collègues, avec qui je veux partager ce prix», a confié à Forum M. Boyer.

L'économiste de renom international est volubile quand il évoque les professeurs qui l'ont marqué, à commencer par Marcel Dagenais, qui fut le directeur de son mémoire consacré à un modèle de programmation linéaire du choix des investissements hydroélectriques. «Le Département de sciences économiques comptait également plusieurs autres économistes qui ont laissé leur marque», raconte-t-il en se rappelant ses années d'études à l'Université de Montréal.

Visionnaire pragmatique, Marcel Boyer a contribué de façon exceptionnelle à rapprocher le monde de la recherche universitaire en sciences économiques de celui de la pratique. Ses travaux appliqués ont d'ailleurs grandement concouru à l'avancement des connaissances dans les secteurs concernés. «L'œuvre de Marcel Boyer est exemplaire par la diversité des problèmes sociétaux dont on voit se dessiner les solutions à la lumière d'analyses directement issues de ses travaux. Il est parmi les économistes certainement celui à qui le Québec est le plus redevable», estime le professeur Michel Moreaux, de l'École d'économie de Toulouse.

Valorisation des droits d'auteur

Engagé à titre de professeur par le Département de sciences économiques de l'Université de Montréal en 1974 ‒ après avoir fait un doctorat à l'Université Carnegie-Mellon à Pittsburgh sous la direction du professeur Robert E. Lucas Jr, lauréat du prix Nobel d'économie en 1995 et à qui l'UdeM a décerné en 1998 un doctorat honoris causa ‒, Marcel Boyer est un précurseur de l'analyse des options réelles en évaluation des investissements dans les contextes de concurrence stratégique. Il est aussi reconnu pour ses travaux en économie de l'information et pour ses réalisations dans les domaines de l'économie et de l'économétrie de la sécurité routière et de l'assurance automobile. Sa contribution à l'analyse économique du droit (valorisation des droits d'auteur, responsabilité environnementale, pratiques anticoncurrentielles) est fondamentale de même qu'à la progression des connaissances dans les domaines de la finance, de l'économie industrielle, de l'analyse économique des organisations, de la gestion de l'eau et du partage des coûts ainsi que de la tarification des infrastructures communes.

Chercheur au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations, dont il est cofondateur, directeur du Département de sciences économiques de 1983 à 1989 et titulaire de la Chaire Jarislowsky-CRSH/CRSNG en technologie et concurrence internationale à Polytechnique Montréal de 1992 à 2000 et de la Chaire Bell Canada en économie industrielle de l'UdeM de 2002 à 2008, M. Boyer a agi comme économiste expert auprès d'entreprises et d'organismes gouvernementaux tant au Canada qu'à l'étranger. Il a apporté une collaboration essentielle aux débats sur les politiques publiques au Québec.

Ses travaux lui ont valu de très nombreux prix et honneurs au fil de sa carrière, dont le prix Marcel-Dagenais (1985), l'Endowment-for-the-Future Distinguished Scholar Award de l'Université de l'Alberta (1988), le prix Marcel-Vincent de l'Acfas (2002) et la médaille Guillaume-Budé, que lui a remise le Collège de France en 2005. Il est entré en 1992 à la Société royale du Canada et a été élu membre honoraire de l'Association canadienne d'économique en 2013 et membre honoraire de l'Association française des économistes de l'environnement et des ressources naturelles en 2014.

Apprécié par ses étudiants, ses collègues et amis pour sa générosité, sa rigueur et son sens de l'humour, Marcel Boyer est reconnu comme un grand amateur de hockey, un sport que l'économiste de 72 ans pratique encore deux fois par semaine. «J'ai joué pendant 42 ans dans des ligues de garage. Lors de ma retraite de la Ligue exécutive de Mont-Royal, on a retiré mon chandail numéro 9. C'est la première fois en 42 ans d'existence de la Ligue qu'un chandail était retiré. C'est peut-être cela qui a impressionné le jury du prix Léon-Gérin», a-t-il dit amusé.

Le style, c'est l'homme.

Source : UdeMNouvelles