Serge Chapleau
Caricaturiste au quotidien La Presse
L’Université de Montréal salue la figure incontournable des paysages médiatiques québécois et canadien qu’est le caricaturiste Serge Chapleau en lui remettant un doctorat honoris causa. Depuis près de 60 ans, il invite les gens à jeter un regard éclairé sur l’actualité grâce à ses portraits humoristiques et satiriques au style singulier.
Serge Chapleau a des liens particuliers avec l’Université de Montréal. C’est en effet à son journal Forum qu’il a commencé sa carrière en 1969, après avoir étudié à l’École des beaux-arts de Montréal. Il l’a poursuivie au magazine Perspectives en 1971, où il a rapidement attiré l’attention, notamment avec une caricature pleine page en couleurs de Gilles Vigneault. Il a aussi collaboré à de nombreuses publications, dont Montréal-Matin et L’actualité. En 1985, il a été embauché par le quotidien Le Devoir. En 1996, il est entré à La Presse, où il travaille toujours. Il a développé son style en utilisant l’ordinateur pour retoucher ses dessins, devenant un pionnier dans le domaine.
En parallèle, il a créé le personnage Gérard D. Laflaque, arrivé sous forme de marionnette de caoutchouc à la télévision de Radio-Québec en 1982, puis à Télé-Métropole. En 2004, le personnage animé en 3D faisait son apparition à Radio-Canada dans l’émission Et Dieu créa… Laflaque, récompensée du prix de la meilleure émission d’humour au Festival international de la télévision de Banff en 2005.
Depuis L’année Chapleau 1993, le caricaturiste publie un recueil annuel de ses meilleurs dessins de presse. En 1997, le Musée McCord a présenté les œuvres de Serge Chapleau et de Terry Mosher (Aislin) du journal The Gazette. Puis, en 2020, l’établissement muséal lui a consacré une exposition pour souligner ses 50 ans de carrière : Chapleau – Profession : caricaturiste. Et en 2021, Postes Canada l’incluait dans une série de timbres mettant en vedette cinq caricaturistes canadiens.
Serge Chapleau a reçu huit prix du Concours canadien de journalisme dans la catégorie Caricature, un record. Son parcours, marqué par une rigueur artistique et une compréhension fine des enjeux sociaux et politiques, témoigne d’une contribution remarquable à la vie démocratique et à la réflexion collective. Au-delà des sourires qu’elles décrochent, les caricatures de Serge Chapleau remettent en question les institutions et les décisions politiques. Alors que les pages consacrées à la caricature éditoriale se réduisent et que certaines rédactions hésitent à publier des dessins jugés controversés, il continue de participer au débat démocratique et de prendre des risques à travers son œuvre.
En soulignant l’apport remarquable de Serge Chapleau aux sociétés québécoise et canadienne, l’Université de Montréal rappelle l’importance de protéger et de nourrir la liberté d’expression tout en valorisant la pensée critique et la circulation des idées.