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Pauline Cho

Professeure à l’école d’optométrie de l’Université polytechnique de Hong Kong

Pauline Cho

L’Université de Montréal remet un doctorat honorifique à Pauline Cho, une référence internationale en optométrie clinique et en recherche sur la myopie. Elle est une pionnière du freinage de la myopie, un enjeu de santé publique majeur.

Titulaire d’un doctorat obtenu en 1996 à l’Université de Bradford, au Royaume-Uni, Pauline Cho a consacré sa carrière à l’étude de la physiologie cornéenne, des lentilles de contact spécialisées et des mécanismes biométriques liés à la progression de la myopie.

Auteure de plus de 190 publications scientifiques, elle a mené des études cliniques qui ont démontré l’efficacité de l’orthokératologie – le remodelage de la cornée par le port de lentilles cornéennes rigides durant le sommeil permettant d’avoir une vision nette le lendemain – pour ralentir l’allongement axial de l’œil chez l’enfant. Ces travaux ont grandement influencé la conception moderne des lentilles Ortho-K et ont permis d’établir des protocoles de suivi clinique qui font aujourd’hui autorité à l’échelle internationale.

Les retombées des travaux de recherche de Pauline Cho dépassent ainsi le cadre universitaire. Ils ont transformé la pratique de l’optométrie, favorisé la reconnaissance mondiale du freinage de la myopie comme enjeu de santé publique et inspiré de nouvelles générations de cliniciennes-chercheuses et de cliniciens-chercheurs. Elle a d’ailleurs été reconnue par l’Université Stanford parmi les World’s Top 2% Scientists.

Le leadership de Pauline Cho a également contribué à renforcer la collaboration entre les milieux universitaires, industriels et cliniques dans le domaine de la santé visuelle pédiatrique. Elle a participé à des conférences et des panels avec des spécialistes de l’École d’optométrie de l’Université de Montréal, l’école nord-américaine qui offre le plus de cours et d’observations cliniques en freinage de la myopie. Les travaux de Pauline Cho ont du reste dicté en grande partie ses actions cliniques et ses enseignements en orthokératologie.

Ce n’est pas d’hier que la myopie est étudiée à l’Université de Montréal. Le premier auteur canadien à lui consacrer un article, en 1894, est le professeur Achille Faucher, ophtalmologiste et professeur à l’École de médecine et de chirurgie de la succursale montréalaise de l’Université Laval, qui sera intégrée à l’Université de Montréal en 1920.

Récemment, les National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine des États-Unis ont défini la myopie comme une maladie en raison des conséquences pathologiques importantes de son évolution. L’Organisation mondiale de la santé avait déjà sonné l’alarme en 2015 en invitant à prévenir la myopie et en caractérisant son évolution comme un facteur de risque évitable de cécité.

Alors que plusieurs projections indiquent que 50 % de la population mondiale sera myope en 2050, dont 10 % le seront fortement, l’Université de Montréal souligne le travail avant-gardiste de Pauline Cho dans le contrôle de la maladie.